All the Sins

Une série finlandaise aux accents policiers, à la prose sobre et nordique. « All the Sins » peut se lire comme un scabreux retour aux racines pour un flic colérique. Son exil vers Helsinki n’était pas anodin, surtout quand sa partenaire un peu bourrue lui tire les vers du nez. 10 ans qu’il n’a pas […]

All the Sins

Une série finlandaise aux accents policiers, à la prose sobre et nordique. « All the Sins » peut se lire comme un scabreux retour aux racines pour un flic colérique. Son exil vers Helsinki n’était pas anodin, surtout quand sa partenaire un peu bourrue lui tire les vers du nez. 10 ans qu’il n’a pas remis les pieds dans son patelin natal : Varjakka (village fictif). Vous comprendrez rapidement pourquoi. Affronter ses souvenirs surtout quand ils brûlent encore vos entrailles, ou ses parents aussi sympathiques qu’une porte de grange : pas facile. Impossible d’échapper à sa destinée, dirons-nous, surtout quand ce sont des meurtres qui vous obligent à faire mumuse avec vos bons vieux démons d’antan.

Le Bureau national d’enquête envoie Lauri (Johannes Holopainen) avec son officier supérieur, Sanna Tervo (Maria Sid), une dure à cuire, qui ne rechigne jamais aux plaisirs charnels. Tout comme son partenaire, elle aussi plie sous le poids des fêlures. « All the Sins », c’est un sanctuaire des vices qui ouvre ses portes, où rien ne bouge, tout se fige plus les années passent. La soude est caustique. La cause : le laestadianisme, une religion luthérienne restrictive réputée pour interdire une myriade de petits plaisirs ; impossible de fraterniser avec les non-croyants, par exemple. Une secte tolérée par une communauté anesthésiée par un détournement de la foi. Une série mentale, qui délaisse rapidement le facteur policier – et les meurtres – pour emprunter les sentiers de la conviction, dessinant le style de vie parfois bizarre d’un village encerclé par la religion.

Et si le sauna est roi, ce sont les péchés qui gouvernent, paradoxalement. Les ennemis de la foi en bouclier, la révolution silencieuse se prépare et commence à devenir bruyante. Une réminiscence de « Sharp Objects », dans son dispositif, avec une couche différente : ce n’est pas uniquement Lauri qui fait face à ses démons, Sanna se fissure elle aussi pour laisser apparaître l’image d’une mère désemparée. 2 individus, un temps « déshumanisés », en proie à des problèmes personnels pour faire la lumière sur une ombre religieuse.

Un bloc crevassé aussi dur que la brique, Varjakka est un miroir des vices enfouis. La foi et la religion omniprésentes, les problèmes sociaux, des gens hostiles qui règlent leurs affaires à l’ancienne, ce trou perdu balayé par le vent du nord et aux apparences calmes n’est qu’un faux-paradis étouffant. Lauri sent cette hypocrisie répugnante. L’histoire tisse des sous-intrigues caractérisant l’ambiance étrange des lieux, pour nous maintenir dans une atmosphère typiquement nordique, très froide, sans fioritures. Peut-être un brin mollassonne dans ses premiers épisodes, surtout dans son 1er, l’anatomie de cette communauté présage d’une ode à l’expiation des péchés, surtout d’un long chemin vers le pardon.