Billions saison 5

Bobby Axelrod (Damian Lewis) et Chuck Rhoades (Paul Giamatti) sont devenus une sorte de vitrine étincelante et vicieuse pour la chaîne Showtime. Après 4 saisons, l’entrée en matière pour cette 5e saison expose rapidement le même niveau de perversion des précédentes.

Billions saison 5

Un 5e volet qui ressemble à s’y méprendre au premier. Après une collaboration fructueuse, Bobby et Chuck (re)prennent leurs distances alors qu’ils sont de nouveau au sommet. En première ligne il y a Bobby, à la recherche du prochain marché où il pourra faire son beurre. Un trip sous ayahuasca durant une retraite spirituelle, avec Wags (David Costabile), son bras droit, lui permettra de repartir de plus belle. Du côté de Chuck, son retour au premier plan lui offre plus de stabilité, surtout de reprendre le contrôle de sa carrière. Un temps acculé de toute part, le désormais procureur général de New York retrouve de son éclat, de son ambition, épaulé par sa femme de psychiatre, Wendy (Maggie Siff).

« Billions » est le parfait exemple d’une série que les productions américaines maîtrisent à la perfection – « Succession » boxe dans la même catégorie. Des dialogues ciselés et percutants, surtout l’équation divertissement/thriller fait des merveilles. Ode à la sociopathie, à la corruption, à la vantardise, « Billions » active bon nombre de leviers dévastateurs d’un purgatoire entre riches et fins stratèges de la manipulation. L’ambition est grisante, mais elle peut rapidement vous entraîner dans ses limbes. Il n’est pas question d’argent, mais de pouvoir. Les nantis se jouent des autres, même de leurs semblables, pour transformer l’essai. Un récit digne d’une course effrénée, où le gagnant aura écrasé et poignardé tout le monde.

Et il n’est pas seulement question de Bobby et Chuck. Dorénavant, entre dans la danse Michael Prince, campé par Corey Stoll, philanthrope un poil plus honnête qu’Axelrod. Les rivalités de la première saison se perpétuent par le biais de Prince. Un nouveau personnage qui en appelle d’autres, comme celui de Julianne Margulies dans la peau de Catherine Brant, qui complète cette belle brochette de nouveaux rôles.

Brian Koppelman, David Levien et Andrew Ross Sorkin prolongent cette rage, cette propension à la trahison. « Billions » est un schéma bâti sur la manipulation, exécuté de façon à laisser apparaître les failles de l’autre pour les exploiter de la plus lâche des manières. Cocktail tendu et corsé à déguster.