Come as you are

«Come as you are», le film primé à Sundance, à découvrir sur OCS.
Desirée Akhavan évoque le trouble de la sexualité adolescente. Un drame affectueux mais également effrayant, «Come as you are» flirte avec l’interdit, la barrière à ne pas franchir pour rester comme les autres.

Come as you are

Chloé Grace Moretz incarne une jeune fille désemparée dans un camp de redressement pour de jeunes homosexuels.
Retrouvée à l’arrière d’une voiture, avec la reine du bal de promo, la jeune Cameron Post (Chloé Grace Moretz) est envoyée dans un camp pour jeunes chrétiens déviants. Le but de cette manoeuvre: retrouver une «maturité sexuelle» digne de ce nom, comme la société américaine et puritaine le veut.

Adapté du livre d’Emily M. Danforth, qui est lui-même adapté du blog datant de 2005 de Zach Stark, envoyé dans un camp de conversion pour gay chrétien, l’action se déroule en 1993, en Pennsylvanie, au milieu des Rocheuses. Débarquée telle une délinquante par sa tante et son oncle, Cameron est une jeune orpheline en mal de repères, aimantée à son amie Coley (Quinn Shephard).
Après leur soi-disante «sortie de route», Cameron se retrouve tiraillée par plusieurs sentiments: la colère et l’incompréhension. Ode à l’identité et à la liberté, «Come as you are» est une chronique adolescente enlevée, dépouillée, surfant sur l’ineptie d’une société terrifiée par la moindre différence.
Un plaidoyer, une diatribe électrisante et poétique. Un camp d’une horreur sous-jacente: refuser le choix d’orientation sexuelle de jeunes encore vulnérables. Le film soulève la complexité de la crise identitaire, la peur de se faire rejeter, le chemin tortueux de la découverte.
«God’s Promise», le nom du camp, est un premier point non-négligeable; la volonté de Dieu comme arme pour déconstruire ces penchants sexuels déviants. «Come as you are» vise juste, porté par une Chloé Grace Moretz attachante, nous entraînant dans l’ironie ou plutôt la bêtise humaine des conventions sociétales. Intelligent dans son traitement, l’oeuvre de Desirée Akhavan éreinte ces instituions religieuses archaïques et détestables. Alors quand une poignée de jeunes décide de voir ce qu’il se passe derrière le mur, c’est le malaise qui pointe le bout de son nez.

Un long apprentissage existentiel truffé de pièges et de questionnements, comme l’adolescent typique en a. Le métrage trouve un écho, une force tout en souplesse, sans verser dans la mièvrerie.