Devils

Un thriller financier au milieu duquel se trouve le brillant banquier Massimo Ruggero. L’histoire s’ancre en 2008, dans les marchés londoniens. « Devils » vire rapidement dans le chaos financier. Complot international à grande échelle, Alessandro Borghi (« Suburra ») et Patrick Dempsey (« Grey’s Anatomy ») croisent le fer sur fond de scandale.

Devils

Cette fois-ci ce n’est pas les marchés financiers qui sèment le chaos, mais bien les coulisses d’un complot. Tel un avion qu’on repêche après un crash, nous découvrons les dessous d’un scandale grâce à sa « boîte noire ». L’homme qui nous intéresse est Massimo Ruggero, ténébreux et talentueux banquier. Sa carrière décolle et file aussi vite que sa Ferrari. Son accession à une place d’associé est pratiquement assurée. Mais le problème vient de son ex femme, Carrie, toxicomane. Le futur roi devient chancelant et son mentor de toujours, Dominic Morgan (Patrick Dempsey) lui retire son soutien. La carrière de Massimo s’apprête à prendre un tout autre tournant.

Catapulté dans la fosse aux lions malgré lui, Massimo est une cible mouvante, difficilement contrôlable pour ses ennemis. L’atmosphère pesante, joliment travaillée par l’objectif de Nick Hurran (« Altered Carbon »), dissèque le personnage à la réflexion constante et furtive. Une matière grise qui tourne à plein régime. Son regard bleu rivé sur les chiffres, la grande messe capitaliste fondée sur des spéculations peut rapidement vous faire perdre le nord et vous mener vers les abysses existentielles. Massimo va l’apprendre à ses dépends, surtout quand ses déboires personnelles s’en mêlent et viennent empiéter sur sa vie professionnelle. Alerte, il y a péril en la demeure.

« Devils », tiré du bouquin de Guido Maria Brera, ne révolutionne pas le genre, emprunte les sentiers connus du genre. En somme, derrière la production soignée, la série élève le niveau grâce à son casting de bonne facture. Le grand précipice financier reste toujours une trame intéressante à explorer, à visiter de l’intérieur pour désosser un système qui échappe à la majorité de la population. Loin des explications et de la maestria d’Adam McKay et son film « The Big Short », « Devils » ajoute une bonne pincée de dramaturgie pour projeter un surdoué de la finance, solidement campé par Alessandro Borghi, dans un cyclone financier aux dégâts sans précédent.