Industry

Pierpoint & co, terre d’accueil pour une brochette de stagiaires. Catapultés dans la grande marmite boursière, c’est la foire d’empoigne qui débute. Gloire aux petites pilules, aux fêtes interminables et surtout au rythme de vie de dingo. Après le krach boursier de 2008, à Londres, place à un festival de mecs en costard, aux cheveux […]

Industry

Pierpoint & co, terre d’accueil pour une brochette de stagiaires. Catapultés dans la grande marmite boursière, c’est la foire d’empoigne qui débute. Gloire aux petites pilules, aux fêtes interminables et surtout au rythme de vie de dingo. Après le krach boursier de 2008, à Londres, place à un festival de mecs en costard, aux cheveux bien peignés et aux femmes en tailleur, un gobelet de café à la main. L’arrivée dans l’arène boursière sonne comme une course hippique où le moindre pari peut vous propulser très haut dans la pyramide, ou très bas dans les tréfonds de cette parade chiffrée.

Impitoyable que ce job, surtout pour des stagiaires diplômés et prêts à brûler les étapes pour gravir les échelons. Disons qu’on se rapproche du « Loup de Wall Street », et croisez-le avec « Skins ». Vous avez le modèle d’expression pensé par Konrad Kay et Mickey Down. À cela, ajoutez un soupçon de Lena Dunham, derrière la caméra. Vous saisissez ? La créatrice de « Girls » nous offre une approche semblable à la bande new-yorkaise de dézingués qui l’a rendue célèbre. Une forme d’orgie infinie qui ne cesse de s’étendre et qui reflète la cadence effrénée d’une équipe de jeunes encore sur mode étudiant et beuveries à répétition. Cette fois-ci, les auditoires académiques ont fait place aux salles boursières. Pour certains c’est leur vie qu’ils jouent, pour d’autres, la vie est un peu plus facile.

« Industry » explore l’excès sous toutes ses coutures. Le besoin viscéral et vital de remporter la mise, et vite, quitte à exploser en plein vol. Le trading modernisé et façonné dans sa forme la plus contemporaine. Cette série n’est pas uniquement une lente et harassante succession de partie de jambes en l’air ou une salve de bitures. Bien entendu que le sexe et la drogue sont abondamment effleurés pour cerner ces existences totalement décadentes. Tout y est amplifié : mâcher son chewing-gum jusqu’à se mordre au sang, flirter dangereusement avec l’overdose. Des situations toujours plus fréquentes. Les visages s’entrecroisent et amènent ce plus qui faut pour pimenter ce mélange malsain.

À travers le brouillard d’un lendemain d’hier, entre les mixtures alcoolisées et la poudre magique encore stagnante dans les narines, le bourdonnement continu de la bourse, « Industry » est le parangon même d’une course effrénée vers le profit. Un rappel pour réveiller les démons plus sombres, comme la cupidité dégoulinante et le besoin de s’élever vers un nouveau rang social.