La Flamme

« Le Bachelor » tourné en ridicule pour devenir une célébration du divertissement absurde. Jonathan Cohen, en acteur principal et co-créateur, use à fond du concept de ce genre de productions télévisuelles pour conjuguer parodie et bêtise humaine. Un délice inepte! Marc (Jonathan Cohen), 36 ans – ou plutôt 40 ans -, pilote de ligne […]

La Flamme

« Le Bachelor » tourné en ridicule pour devenir une célébration du divertissement absurde. Jonathan Cohen, en acteur principal et co-créateur, use à fond du concept de ce genre de productions télévisuelles pour conjuguer parodie et bêtise humaine. Un délice inepte!

Marc (Jonathan Cohen), 36 ans – ou plutôt 40 ans -, pilote de ligne et prêt à embarquer pour son plus beau voyage: le 7e ciel. Ce sont pas moins de 13 femmes prêtes à lui faire découvrir l’amour,
le vrai, qui sont à son entière disposition. Un harem et un présentateur vedette, pièce inamovible de ce type de programme, en la personne de Vincent Dedienne, dans un genre de Denis Brogniart
déjanté.

La petite sauterie annoncée par Canal+ promettait une belle empoignade entre des participantes obnubilées par un amour aussi factice que les artifices mis en place par ces productions de romance à la carte. Et heureusement que le ridicule ne tue pas, surtout en voyant la stupidité de Marc. Votre enthousiasme en sera décuplé dans ce foisonnement d’âneries imaginé par la bande de potes emmenée par Cohen. Le trio de créateurs (Jonathan Cohen, Jérémie Galan, Florent Bernard) nous propose une cavalcade d’archétypes moulés pour la « télé-poubelle », et une myriade de situations loufoques. Des prétendantes caricaturales et un séducteur égocentrique polarisant les sentiments amoureux les plus étranges dans une maison où la séduction devient un jeu presque malsain, à force d’éliminations successives pour conquérir le coeur de Marc – et surtout l’égo. Plus le jeu s’enchaîne, plus l’indiscrétion des caméras et les épreuves saugrenues ne font qu’amplifier la rivalité entre les candidates.

Capturant l’esprit de l’émission le « Bachelor » rendue populaire en 2003, « La Flamme » remplit son objectif: emprunter pleinement le dispositif parodique pour en tirer l’essence comique. Le sujet est mûr pour les moqueries. Une brochette d’actrices et d’acteurs comme Leïla Bekhti, Florence Foresti, Youssef Hadji, Ana Girardot, Doria Tillier et bien entendu le trublion Jonathan Cohen misent sur le grotesque sans concession. Et ça marche une bonne partie du temps. La formule pompée sur la série « Burning Love » créée par Erica Oyama, colle à peu de choses près à son illustre grande soeur américaine. La quête de l’amour (orchestrée) face caméra trouve un nouveau souffle dans un genre tout à fait absurde, poussant le curseur du ridicule aussi loin que possible, parfois proche de la sortie de route mais sans la quitter. Hilarité générale et tout feu, tout flamme pour Canal+ sur ce coup.