L’Aliéniste

Une seconde saison pour une série qui mérite plus de lumière, alors qu’elle arpente les ruelles sombres de Brooklyn, la crasse en prime, et les affres d’esprits dérangés dans une enquête dérangeante. 2 ans après la première saison inspirée des écrits de Caleb Carr, le frisson d’un meurtre sanglant nous hante dès l’entame : une […]

L’Aliéniste

Une seconde saison pour une série qui mérite plus de lumière, alors qu’elle arpente les ruelles sombres de Brooklyn, la crasse en prime, et les affres d’esprits dérangés dans une enquête dérangeante. 2 ans après la première saison inspirée des écrits de Caleb Carr, le frisson d’un meurtre sanglant nous hante dès l’entame : une exécution à la chaise électrique, d’une mère accusée du meurtre de son rejeton. Un bébé retrouvé dans un magasin de jouet, inanimé au milieu des poupées.

Le sang coule dans le New York du 19e siècle, les bébés se volatilisent comme par magie. L’arrogant Laszlo Kreizler – le toujours excellent Daniel Brühl – retrouve le journaliste du New York Times, John Moore (Luke Evans), et la brillante détective Sara Howard (Dakota Fanning) pour faire la lumière sur ces disparitions répétées. Qu’on se le dise, les spectres de Mary Shelley et celui d’un autre Shelley, le poète Percy Bysshe Shelley planent au-dessus d’un drame policier ultra élégant. Quelle belle palette de couleurs, quelle atmosphère noire à la mélodie grinçante. L’univers victorien de la série nous expose la noirceur humaine, tout droit sortie des légendes d’Erèbe, Dieu grec des ténèbres.

Les tréfonds de la race humaine que le Dr. Kreizler continue d’étudier méticuleusement ne sont pas prêts de s’arrêter à faire des dégâts. Mais cette fois-ci, la série se détourne de l’aliéniste pour se recentrer sur Sara Howard, « un homme dans un corset », d’après ses détracteurs. C’est elle qui va prendre prendre les rênes du show pour trouver qui est cet infâme personnage qui kidnappe et vole des bambins. Mais pas uniquement, puisque son penchant amoureux pour John Moore reste toujours bien réel – une romance se trame en sous-couche alors que le journaliste s’apprête à se marier. Une seconde saison faite d’envolées hypnotiques, de méthodes d’investigation contemporaines.

Le mystère s’épaissit alors que le trio d’enquêteurs s’engouffre dans les entrailles d’une ville sombrant dans la corruption. Une bande de gangsters en prime, des « Peaky Blinders » en moins stylisés, pour convoquer le macabre et les vilenies humaines. « L’Aliéniste », c’est la cathédrale des sens diaboliques, une arène victorienne où un drame policier tisse sa toile, laissant un « ange des ténèbres » attiser la peur. Assurément, dans une posture de « True Detective du siècle précédent », cette nouvelle bouture de « L’Aliéniste » démontre une beauté factuelle, malgré son classicisme qui a de quoi entraver une inspiration nouvelle – ou d’un manque d’originalité. Mais elle est résolument réussie et séduisante à suivre.