Le bureau des légendes saison 5

Laissé pour mort, cerné par les flammes, Guillaume Debailly (Mathieu Kassovitz), connu sous le nom de Paul Lefebvre et surnommé Malotru, était dans une position très inconfortable à la fin de la saison 4.

Le bureau des légendes saison 5

« Le Bureau des Légendes », saison 5, marque la fin d’une ère : celle d’Eric Rochant, le showrunner devenu figure incontournable du paysage télévisuel français. Clap de fin pour lui, il passe la main. C’est d’ailleurs Jacques Audiard qui s’est chargé des 2 derniers épisodes pour clore cette saison 5 en beauté.

En ce qui concerne les séries d’espionnage, « Le Bureau des Légendes » tient le haut du pavé. Depuis le premier épisode diffusé en avril 2015, Rochant a réussi à mener la production à son firmament, devenant une sublime et tendue diversion entre agents. Le département de la DGSE a évolué au fil du temps, ses collaborateurs aussi, dessinant une trajectoire toujours plus passionnante. Car la série dans sa forme générale, est un art bien complexe, qui peut rapidement se retourner contre vous quand les saisons s’empilent. Chaque année, c’est un nouvel élan qu’il faut trouver. Et Eric Rochant, pour cette 5ème levée, réussit à donner (encore) un nouveau souffle, une nouvelle manière de densifier une fresque qui englobe une galerie de portraits impressionnante sans jamais s’emmêler les pinceaux.

Aux 4 coins du monde, de la Jordanie en passant par l’Arabie Saoudite et la Russie, « Le Bureau des Légendes » s’emploie à tapisser chaque moment, chaque séquence d’une obsession, d’une angoisse qui vire à la paranoïa. Des personnages perdant parfois le contrôle, comme JJA (Mathieu Amalric) ou encore Marie-Jeanne (Florence Loiret-Caille), désormais catapultée au Caire, à la tête de la sécurité d’un grand hôtel – un personnage lessivé par ses années à la DGSE. Des visages et des comportements qui construisent une zone de conflit, où se retrouvent des vies dictées par les mensonges. Des êtres fragilisés, détruits par un service tel que la DGSE. Les sujets de l’appartenance et les questions morales, tant il est difficile de percevoir la sincérité chez l’un et l’autre, apparaissent comme des couches fondamentales du scénario.

Alors qu’advient-il de Malotru ? La grande question de cette 5ème saison trouvera un écho au milieu de cette galerie de personnages, dont l’arrivée de Louis Garrel dans la peau de Mille Sabords, révèle un peu plus la machination espionne d’une série maîtrisée, régulant cette mécanique qui fait des merveilles depuis 5 ans, déjà. Sûr de son fait et de son écriture, Eric Rochant persiste dans le thriller à la dangerosité multipliée par un ennemi intérieur, et non – comme dans les saisons précédentes – par une menace extérieure.