OVNI(s)

La nouvelle création originale de Canal+ fait dans la continuité comique, après « La Flamme » diffusée en fin d’année 2020. « OVNI(s) » prend ses quartiers dans les années 70, avec une joyeuse bande d’illuminés à la poursuite des extraterrestres, emmenée par le charismatique Melvil Poupaud. En 1978, à Kourou en Guyane, Didier Mathure […]

OVNI(s)

La nouvelle création originale de Canal+ fait dans la continuité comique, après « La Flamme » diffusée en fin d’année 2020. « OVNI(s) » prend ses quartiers dans les années 70, avec une joyeuse bande d’illuminés à la poursuite des extraterrestres, emmenée par le charismatique Melvil Poupaud.

En 1978, à Kourou en Guyane, Didier Mathure (Melvil Poupaud) voit sa fusée exploser en plein vol. Des années de travail qui partent en fumée et le voilà persona non-grata. Son supérieur l’envoie au GEPAN (Groupe d’Études des Phénomènes Aérospatiaux Non-identifiés) pour reprendre les rênes de l’équipe. Mais pour ce scientifique aguerri, ses nouveaux collègues de travail ne sont que des individus perchés et sans intérêt.

Il est si compliqué quand les esprits cartésiens rencontrent l’ésotérisme. Didier Mathure en fait partie, lui, le scientifique, le mathématicien pure souche. Pour lui, tout est explicable, tout n’est que science, et ne lui parlez pas de phénomènes paranormaux, ça n’entre pas dans son vocabulaire. Au GEPAN, l’ambiance est autre – à savoir que ce service a bel et bien existé et existe toujours. Surtout que dans les années 70, l’ufologie a connu un véritable âge d’or. Et « OVNI(s) » s’en amuse, avec de multiples références comme Raël ou encore une arrivée inattendue de Steven Spielberg, campé par Paul Spera, pour travailler sur « Rencontre du troisième type 2 » – il trouvera l’inspiration pour l’un de ses futurs projets…

Dans sa tonalité, dans son écriture, la série demande un petit temps d’adaptation ; et une fois digéré, la co-création de Clémence Dargent et Martin Douaire s’emploie à jouer de sa délicieuse veine rétro et trouve une élégance pour conter les aventures d’un bureau pas comme les autres.Une esthétique réussie, couleur pastel, et une bande-son bien torchée signée Thylacine, on se laisse embarquer gaiement dans 12 épisodes égaux et rythmés. À cela, ajoutez un travail sobre mais intelligent sur les effets spéciaux.

« OVNI(s) » ne mise pas tout sur la trame comique, il est aussi question d’acceptation : les événements peuvent nous dépasser. Aussi, vous y verrez une (petite) critique adressée aux esprits fermés, étrillant ces personnes cherchant à tout prix une explication – tout n’est pas explicable, parfois. Critiquant ce rationalisme et convoquant surtout cette volonté d’y croire, ou d’espérer, les 2 créateurs se détournent du côté loufoque pour insuffler une couche plus sérieuse. Un scénario qui permet à Melvil Poupaud de traverser la série avec justesse, lui, le centre des attentions, le catalyseur d’un casting, entrainant dans son sillage Michel Vuillermoz et Daphné Patakia, excellents. Voilà une bonne manière de démarrer 2021 gentiment, mais sûrement.