Penny Dreadful : City of Angels

Comment rebondir après « Penny Dreadful » (ndlr : 2014-2016) ? John Logan repart de zéro et tente le pari. Il se détache de l’époque victorienne et des aventures de Vanessa Ives, pour situer son récit dans les années 30, dans un Los Angeles macabre et étrange. Le racisme et les influences évangéliques sur fond d’hypocrisie comme menu. « Penny Dreadful : City of Angels » endosse un costume bien différent de sa grande soeur.

Penny Dreadful : City of Angels

En 1938, quelque chose de sinistre brûle et se tapisse dans l’ombre. La ville de Los Angeles est comme hantée par le mal et le surnaturel. Les corps éviscérés, retrouvés dans cette grande vallée bétonnée de la cité des anges, rappellent que quelque chose se trame. Une famille de Beverly Hills est assassinée, les visages peinturlurés des masques symbolisant le Jour des Morts. Aussi, des messages « vous prenez notre coeur, nous prenons le vôtre » fleurissent sur des murs. Non loin, une guerre raciale se prépare car les autorités prévoient de faire passer un tronçon autoroutier au beau milieu des quartiers mexicains de Pasadena

Le racisme ne fait qu’enfler quand nous découvrons le médecin expatrié Peter Craft (Rory Kinnear), sympathisant du régime nazi et organisateur de rassemblements pour rappeler que l’Amérique doit se concentrer sur son territoire et l’exhorte à quitter l’Allemagne d’Hitler. Une chose est sûre, John Logan s’est décidé à calibrer son récit sur plusieurs couches, armant un spin-off riche et agréable à suivre. Moins flamboyant que sa création précédente, son histoire plaît par ses divers sujets, se cristallisant autour d’un ange du chaos, un démon à la force dévastatrice interprété par une solide Natalie Dormer. Elle chuchote le mal, inspire la mort ; cette fois-ci Eva Green a laissé sa place à Dormer, la nouvelle âme du show.

Logan poursuit cette élégance aperçue dans « Penny Dreadful » première du nom. Cette mise en scène soignée, esthétique à souhait, propose un spectacle entre conte social et thriller horrifique. Dormer en démon aux différentes identités, Lorena Izzo dans la peau de Santa Muerte et Daniel Zovatto sous les traits du premier détective mexicain de la LAPD, Tiago Vega, forment le trio principal du show. À travers Vega, on se croirait dans le « Dahlia Noir » de Brian De Palma, entre noirceur et éclat lumineux ; les rayons délicieux de la Californie croisent les ténèbres. « Penny Dreadful : City of Angels » retrouve de cet allant fantastique et s’avère bien différent mais tout aussi terrifiant que son chapitre londonien. Le mysticisme continue !