Skin

Jamie Bell dans la peau d’un skinhead, prêt à la rédemption. Dans ce drame écrit et réalisé par le réalisateur d’origine israélienne Guy Nattiv, adapté de la véritable histoire de Byron Widner, la performance difficile et physique de Bell nous tire les larmes. Un film à voir !

Skin

Le culte du pouvoir blanc, des signes nordiques tatoués sur le visage, en passant par la force dévastatrice du néonazisme; « Skin » est ce film coup de poing, aux coudées franches. Byron Widner (Jamie Bell) est un adulte en perdition, tatoueur pour gagner sa croûte, totalement peinturluré sur la face pour prouver son appartenance au mouvement raciste dans lequel il est empêtré. Convaincu que sa place et les gens qui l’aiment sont là, sa vie prend une toute autre tournure le jour où Julie (Danielle Macdonald) apparaît dans sa vie : l’amour, le véritable, a toqué à la porte de Byron. Une chance pour lui de s’extirper de la spirale destructrice dans laquelle il végète.

Mais c’est bien connu, le passé est difficile à effacer – surtout quand il est écrit sur votre faciès. Sur le chemin de la rédemption, les chemins de traverse sont légion. Et à voir, le conflit racial n’est de loin pas l’objectif premier de Widner. Non, c’est avant tout une appartenance en désespoir de cause, un besoin pour ne pas se retrouver sans toit ou nourriture. Nattiv articule son film autour de ces extrémistes de droite, pour brosser le portrait d’un homme sans repère. Ses tatouages, ses peintures de guerre ne font qu’accentuer ce besoin d’appartenance, sans mesurer pleinement la méchanceté de son clan. Là encore, la dimension immature du personnage prend un sens graduel plus le film s’enfonce dans la violence.

Car l’embrigadement débute jeune, voire à l’adolescence ; Fred, (Bill Camp) dit Hammer et chef du groupuscule, les recrute dans les quartiers pauvres, des gamins paumés, comme le jeune Gavin (Russell Posner). Un nouveau protégé qui ressemble à une projection plus jeune de Byron. Une habile séquence qui démontre la perversité d’un gourou profitant des faiblesses de jeunes désemparés.

Mais « Skin » est avant tout une quête identitaire. Une pointe d’optimisme dans une sauvagerie. Nous pouvons également y voir une interrogation sur notre sens de la compassion. Derrière cette violence inouïe, il y a souvent des hommes en mal de repères. De ce postulat, Guy Nattiv réussit une oeuvre radicale, sans détour, incarné par un Jamie Bell au sommet de son art.