The Good Lord Bird

Ethan Hawke a tout fait : il est derrière et devant la caméra dans « The Good Lord Bird ». Son personnage lui permet d’habiter une série qui ne manque pas de mordant et surtout d’intensité. Peut-être LA série à dévorer en ce mois de janvier. En adaptant le roman de James McBride, lauréat du […]

The Good Lord Bird

Ethan Hawke a tout fait : il est derrière et devant la caméra dans « The Good Lord Bird ». Son personnage lui permet d’habiter une série qui ne manque pas de mordant et surtout d’intensité. Peut-être LA série à dévorer en ce mois de janvier.

En adaptant le roman de James McBride, lauréat du National Book Award (le Goncourt américain) avec cet ouvrage, Hawke se glisse sous les traits d’un prédicateur déluré, que la soif de justice pousse à mener une bataille sanglante contre les esclavagistes. Redouté par tous, sa réputation le précède : un abolitionniste qui sème la zizanie dans le Sud des États-Unis. Dans le Kansas, tout le monde craint le crasseux John Brown (Ethan Hawke), lui qui décapite pour sonner le vent de la révolte.

Le bouquin de McBride retraversait le passé esclavagiste avec un humour grinçant. Hawke et son acolyte Mark Richard rendent justice aux écrits de McBride, grâce à une mise en scène électrisante, rythmée par la violence et les discours furieux de Brown. Cette épopée sanglante aux accents tarantinesques brosse le portrait d’une Amérique scindée en 2, gangrénée par la haine et le racisme. Et si la série recèle de personnages autant furibards que charismatiques, elle le doit à son casting brillant et sa justesse d’écriture. Outre John Brown et le jeu intense de Hawke – qui pour la petite histoire comptait donner le rôle à Jeff Bridges -, le petit Joshua Caleb Johnson, 14 ans au compteur, nous offre une performance de haut vol dans la peau d’Echalote, fil rouge et narrateur du show malgré lui. La frimousse de Johnson en tête de gondole d’une valse de tronches, comme Beau Knapp dans la peau d’un des fils de John Brown, ou encore l’orateur Frederick Douglass, interprété par un génial Daveed Diggs.

« The Good Lord Bird », pour oser les superlatifs, se sublime grâce à une superbe photographie, mais est surtout une percée mélancolique et poussiéreuse, à travers les mots empoisonnés et la poudre à canon. Une série Western spaghetti agrémentée d’Histoire et de dramaturgie, où la foi prend une grosse place dans le récit, dont Brown n’hésite pas à abreuver ses troupes de paroles
saintes. « Le diable oeuvre sans relâche, mais Dieu est tenace. », lâche Brown, alors que les grands mouvements de caméra embrassent la nature sauvage, entrecoupés de portraits d’esclaves. Alors oui, peut-être manque-t-il d’un semblant de subtilité, que Hawke force le trait – et nous, fronçant les sourcils parfois -, mais la générosité est telle et le final haletant qu’il est difficile de bouder son plaisir.