The Head

Dans les glaces de l’Antarctique, une équipe de chercheurs tente de contrer le réchauffement climatique. Climat anxiogène et meurtres au menu, « The Head » est un genre de cluedo habillé de flashbacks pour recentrer l’horreur. !!« Cet endroit s’en fout qu’on vive ou pas. » Au moins, le discours est clair. À travers l’objectif […]

The Head

Dans les glaces de l’Antarctique, une équipe de chercheurs tente de contrer le réchauffement climatique. Climat anxiogène et meurtres au menu, « The Head » est un genre de cluedo habillé de flashbacks pour recentrer l’horreur. !!« Cet endroit s’en fout qu’on vive ou pas. » Au moins, le discours est clair. À travers l’objectif de Jorge Dorado (« Anna ») et à partir d’un scénario écrit par les frères Pastor (« Self/less »), cette nouvelle série longue de 6 épisodes nous enferme dans les glaces éternelles de l’Antarctique. Imaginez-vous dans une station de contrôle, calfeutré avec une brochette de scientifiques que vous ne connaissez ni d’Ève, ni d’Adam. Composer avec ces individus des mois et des mois, au milieu de nulle part. Un confinement pour une avancée scientifique, pour tenter de stopper le réchauffement climatique.

Alors quand le soleil disparait pour 6 mois, cette fameuse équipe se réfugie dans la station surnommée Polaris VI pour poursuivre leurs recherches. C’est la superstar des chercheurs, Arthur Wilde (John Lynch) qui supervise l’expédition. Le temps s’égraine, les semaines s’écoulent et Johan Berg (Alexandre Wuillaume) est appelé à reprendre la relève du centre. Arrivé sur les lieux, les occupants sont tous morts, soit disparus. Une station dévastée où des carcasses inanimées sont disséminées un peu partout ; des impacts de balles ou encore des corps calcinés. Le tableau
fait peine à voir. Pourquoi ? Qui aurait disjoncté ? Intervient Maggie (Katherine O’Donnelly), la médecin de l’équipe, cachée et souffrant du syndrome de T3 – une perte de la notion du temps engendrée par l’enfermement. Un état de fugue, une amnésie, le regard dans le vague. Maggie est, semble-t-il, la seule survivante de ce capharnaüm. Johan tente de lui rafraîchir la mémoire, quitte à la bousculer pour obtenir des infos. Extraire la vérité, certes, mais est-ce que Maggie est digne de confiance ? Là se noue l’intrigue de la série, cherchant cette vérité qui fait tant de mal à Johan – sa femme étant dans l’équipe et toujours portée disparue. Quand l’émotionnel prend le dessus il est (souvent) probable que le jugement soit faussé.

Remonter le temps coûte que coûte, retraverser le passé. le script s’articule autour de nombreux flashbacks pour faire écho au présent. Si le premier épisode s’encroûte un peu, la suite est bien
plus intéressante. On pense rapidement à « Alien » – toutes proportions gardées -, ces films qui misent sur l’enfermement, crochetant le cadenas de la bienséance. « The Head » joue sur des parcelles du passé, sur une atmosphère joliment travaillée. L’esprit trimardant au milieu des glaces et des couloirs rendus incertains, la série nous confronte à une totale incompréhension : mais quelle mouche a piqué cet équipage ? La folie, un chantage ou simplement le refus de partager une hypothétique gloire ?

« The Head » éparpille les idées et les enjeux dans un décor dénué d’âme et de vie. Le Pôle Sud pour scène de crime, pour ne laisser aucunes traces derrière soi, recouvertes par le froid polaire. L’intrigue prend en ampleur et les épisodes s’enchaînent. ! Intéressante partition que cette série. Les frères Pastor, dans un thriller qui fond derrière un passé envahissant, réussissent à nous tenir en haleine malgré les nombreuses faiblesses. Tenu et divertissant, le script proposé par la fratrie Pastor possède cette urgence, ce sentiment d’incertitude. Et comme dans le film « Le Dahlia Noir » de Brian De Palma, cette citation nous trotte à l’esprit : rien ne reste enterré à tout jamais, rien. En ce qui nous concerne : rien ne reste glacé à tout jamais, rien…