The Nest

Sean Durkin nous propose une histoire implacable sur les travers du mariage et cette envie d’escalader les classes sociales pour se sentir plus important qu’on ne l’est, délaissant une valeur fondamentale : les vertus familiales. La laideur de l’égoïsme incarnée par un brillant duo d’acteurs. Le glissement progressif d’un couple de l’euphorie d’une vie majestueuse […]

The Nest

Sean Durkin nous propose une histoire implacable sur les travers du mariage et cette envie d’escalader les classes sociales pour se sentir plus important qu’on ne l’est, délaissant une valeur fondamentale : les vertus familiales. La laideur de l’égoïsme incarnée par un brillant duo d’acteurs.

Le glissement progressif d’un couple de l’euphorie d’une vie majestueuse vers une foule de désillusions. Si les corps ne mentent pas, les langues le font pour masquer une honte toujours plus brûlante. Se voir plus beau qu’on ne l’est, voilà ce que va expérimenter Rory O’Hara (Jude Law). L’envie obsessionnelle de grimper les échelons pour devenir riche, pour se détacher d’une enfance désastreuse. Lui ce courtier devenu entrepreneur aux dents longues, son ambition l’emportera, le fusillera tant intiment que professionnellement.

Le début de la fin sera ce départ précipité d’une banlieue de New York pour l’Angleterre. La famille déménage dans un vieux manoir qui en jette de l’extérieur, mais qui périclite de l’intérieur – glorieuse métaphore de Rory et du film. Rory y voit une nouvelle occasion professionnelle. Le rêve américain éculé, il pense que retourner dans son Angleterre natale lui sera bénéfique – avec une idée bien précise derrière la tête. En fonçant tête baissée, très (trop) sûr de lui, Rory oublie tout le monde dans l’équation et se brise les ailes. Durkin l’illustre avec une finesse magistrale, dessinant les contours d’un vide affectif et surtout existentiel de manière vertigineuse. La folie des grandeurs pour laisser l’humilité vous brûler vulgairement et vous congédier pour l’éternité.

« The Nest » est d’une limpidité, d’une subtile dramaturgie qui exerce un grondement furieux et latent pour s’abattre sur un mariage qui se consume dans les flammes de l’ambition. Carrie Coon en femme dépassée et baratinée par un Jude Law manipulateur et immature ; ces deux-là sont brillants et irradient un métrage irrésistible. À dévorer !