THE TWILIGHT ZONE SAISON 2

Sous la férule de Jordan Peele, nouveau narrateur de choix, « The Twilight Zone » revient pour une seconde saison prête à faire oublier une première levée un peu timide. Pari tenu ? Spoiler : oui.

THE TWILIGHT ZONE SAISON 2

Raviver la série légendaire de 59 à 64, pensée par Rod Serling, l’idée était scabreuse. Après une première saison très mitigée, la série produite par Jordan Peele revient pour un second tour de manège. 3 épisodes (1,3 et 10) ont été mis à disposition de la presse, sensés nous démontrer la nouvelle mouture et les nouvelles dispositions. 10 histoires de 45 minutes visitant la 4e dimension, surfant entre le réel et l’irréel, entre le fantastique et le surréalisme.

Une chose est sûre : le 3e épisode (« The Who of You ») est une sacrée réussite. Tout commence avec un braquage perpétré par un comédien déboussolé, Harry Pine (Ethan Embry). Job et amour partent en vrille, avant qu’il ne se découvre un don : sa capacité de voyager de corps en corps, téléportant son âme. Une percée hypnotique, une course contre-la-montre excellente de rythme et d’inspiration.

Mention bien également pour le 1er épisode. Un homme, Phil (l’excellent Jimmi Simpson), incapable de nouer des liens avec les femmes. Jusqu’au jour où Annie (Gillian Jacobs) communique par la pensée avec Phil. Une relation se noue à la sauce « Her », sans qu’ils ne se touchent, ne se voient, ne se connaissent. Une mise en bouche proche du délire schizophrénique, où l’angoisse écrase ce 1er épisode. La mise en scène sert ce sentiment d’urgence, s’évertuant à transposer une sensation d’oppressement. Mais c’est avant tout une réponse cinglante à Phil : sa propension à critiquer la superficialité des femmes – une pensée crasse qui camoufle une fêlure. Dans ces 45 minutes d’épisode, la connexion entre les 2 semble être cousue de fil blanc jusqu’à un dénouement final brillant.

Et même si l’épisode 10 est un ton en-dessous, « The Twilight Zone » (saison 2) trouve une cadence nettement plus correcte, surtout une dynamique plus musclée que dans la 1ère saison. L’illusion d’avancer dans un brouillard émotionnel, déversant un fluide de vulnérabilité sur la seconde fournée, cette fois-ci le délire dimensionnel décoche des moments d’anthologie, parfois crépusculaires, distordant cette réalité pour observer la mécanique humaine et sociétale.