The Undoing

Une nouvelle excellente mini-série en l’espace d’un mois chez HBO. Après « The Third Day », place à « The Undoing », une série un poil moins convaincante que la première nommée, mais intrigante par sa construction narrative. Se glisser dans les limbes de la psyché humaine, c’est en quelques mots la sève originelle de […]

The Undoing

Une nouvelle excellente mini-série en l’espace d’un mois chez HBO. Après « The Third Day », place à « The Undoing », une série un poil moins convaincante que la première nommée, mais intrigante par sa construction narrative.

Se glisser dans les limbes de la psyché humaine, c’est en quelques mots la sève originelle de « The Undoing ». Adaptée du roman « Les Premières Impressions » de Jean Hanff Korelitz et écrite pour la télévision par David E. Kelley, la série suit le cauchemar de Grace Frazer (Nicole Kidman), une thérapeute spécialisée dans les relations de couple. Une petite existence bien rangée avant que son mari, Jonathan Frazer (Hugh Grant) ne disparaisse sans laisser de trace. Pour couronner le tout, un meurtre étrange d’une maman d’élève du collège huppé de Rearden, là même où son fils Henry (Noah Jupe) étudie, est perpétré. La vie rêvée et les projets professionnels aux oubliettes, c’est dorénavant la peur qui dicte sa loi.

Pourrait-on parler d’une radiographie de la psyché humaine, passée au crible pour dénouer le vrai du faux ? Peut-être. Est-ce que la première impression est toujours la bonne ? La question est et reste centrale, comme addictive tant elle extrait une odeur méphitique. La valse des mensonges, des vérités enfouies, des traumas, « The Undoing » fonctionne à peu de choses près comme la série « Défendre Jacob », une création d’Apple TV+ : une situation ostracisante. Un instant de profond malaise. Accuser à tort ou hâtivement provoque des remous, décompose des vies. Ce ballet de voix plus rugissantes les unes que les autres dans les quartiers bourgeois de Manhattan, aspire graduellement ces victimes collatérales dans un marasme ingérable. Grace en est une.

L’adaptation pensée par David E. Kelley a le mérite de tisser sa toile rapidement, sans trop prendre des chemins de traverse, non pas autour de ce meurtre, mais avant tout sur la position d’une femme persuadée de son instinct. Emmurée dans son monde luxueux, où Donald Sutherland est toujours excellent dans le costume du père protecteur et riche à millions – réminiscences de la série « Dirty Sexy Money »-, Grace commence à s’intéresser aux névroses de son mari. La confiance ou la prise de conscience sont des pierres angulaires dans un présent submergé par le passé. Ce qui frappe dans cette série, c’est le ton voulu et dicté par Susanne Bier derrière la caméra. Une mise en scène très sobre, brisant petit à petit la glace qui entoure ce couple marié a priori bien sous tous rapports. Une valeur ajoutée qui permet à Nicole Kidman de plonger pleinement, les yeux rougis par la souffrance sourde, dans son personnage. Une avancée dans l’inconnu, quelque chose qu’elle ne soupçonnait pas de si vertigineux. Elle, si certaine de son fait, certaine de sa perception des individus qu’elle côtoie quotidiennement. Le thriller glisse gentiment vers l’histoire d’une femme appelée à survivre aux brouhahas de la foule et des médias. La chute sera longue, mais captivante pour nous.