TRACKERS

Diffusée en 2019 en Afrique du Sud, « Trackers » s’avance comme une série capable d’empiéter sur les plates-bandes des productions US. La petite soeur de « The Wire » aurait-elle une ascendance sud-africaine ? Certes bien moins prolifique que la création de David Simon, mais plutôt divertissante et intéressante à suivre.

TRACKERS

Une entame digne des « Sons Of Anarchy », en moins sanglant et violent, en moins abouti dans la mise en scène. « Trackers » s’ouvre dans les plaines reculées, où poussière et violence font bon ménage. Une justice digne du Far West. On y découvre l’ex-flic grisonnant, Lemmer (James Gracie), à la retraite et parachuté dans la petite ville de Loxton. On comprend vite qu’il souhaite échapper à son passé. Lemmer, s’il semble l’un des personnages centraux, fait partie d’un grand ensemble : une cellule terroriste locale (PBI), un gangster nommé Nkunzi (Sisanda Henna), un homme d’affaires américain répondant au nom de Lucas Becker (Ed Stoppard) aux intentions floues, des agents (en tête de liste : Thapelo Mokoena) et encore Milla Strachan (Rolanda Marais), une analyste plutôt ingénieuse.

Une myriade de personnages et la liste n’est même pas complète. C’est peut-être là que le bât blesse : à trop en suivre, on s’y perd. L’équilibre est brinquebalant, mais le facteur action à foison fonctionne à merveille, tel un effet de levier. Solide dans la mise en scène, au plus près de l’action, « Trackers » réussit à esquisser une palette de portraits, mais peine parfois à tout joindre pour trouver un lien émotionnel entre les protagonistes.

Tirée des romans de Deon Meyer, l’histoire traverse les territoires sud-africains, la corruption et la contrebande en tant que clés d’intrigue. Les couches du crime fonctionnant dans un modèle de série plus pointue que la pure série d’action, ce mix détonnant a le mérite de garder l’histoire explosive. Un genre de sous « The Wire ». Peut-être perfectible dans son développement, « Trackers » tente de se donner les moyens de ses ambitions. Une lutte à couteaux tirés, une urgence toujours plus intense. Le job est accompli.