Une Sirène à Paris

Gaspard (Nicolas Duvauchelle), crooner de salle de bain et de cabaret, s’est fait briser le cœur à maintes reprises par une myriade de chanteuses, nous explique Rossy (Rossy de Palma), la voisine de palier. Un détail qui va lui sauver la vie quand il croise le chemin de Lula (Marilyn Lima), une sirène échouée sur […]

Une Sirène à Paris

Gaspard (Nicolas Duvauchelle), crooner de salle de bain et de cabaret, s’est fait briser le cœur à maintes reprises par une myriade de chanteuses, nous explique Rossy (Rossy de Palma), la voisine de palier. Un détail qui va lui sauver la vie quand il croise le chemin de Lula (Marilyn Lima), une sirène échouée sur un quai de Seine parisien. Une créature capable de faire exploser les cœurs et les noyer (de passion). Gaspard se pense immunisé et décide de s’occuper d’elle.

Roman avant de devenir film, «Une Sirène à Paris» offre une vraie immersion dans un univers enchanté à l’ère d’une période morose. Une vision enchanteresse de la vie, une vision naïve de l’amour. Un homme enchaîné à son passé, brûlé à vif par l’amour, le cœur atrophié ; une sirène abandonnée qui fait brûler les cœurs, foudroyante et charmante, dans une ambiance cabaret. « Une Sirène à Paris » est l’espace de jeu d’un Mathias Malzieu inspiré par la douceur et l’âpreté de l’amour. Le passé enchaîné, Gaspard est le guide chagriné d’un Malzieu rieur – un bel humour décalé – et fleur bleue.

Désireux d’emprunter les mêmes sentiers que Tim Burton, on pense également à Michel Gondry et son « Écume des jours », dans une veine semblable et enjouée, surréaliste et envoûtante quand le film se plaît à transformer son récit en papier mâché. Bien que poignant, la beauté de la naïveté aidant, « Une Sirène à Paris » n’est pas parfait, mais la fantaisie, le chant des sirènes plaqué à la désolation romantique d’un Gaspard interprété honnêtement par Nicolas Duvauchelle, démontre une envie de s’émerveiller, de s’élancer tête en avant dans un rêve coloré, bricolé sur des personnages attachants.

La fantaisie et la valse des émotions, c’est le charme qui parle, l’âme enfantine coupée à la nostalgie. Mathias Malzieu nous conte fleurette et parle aux nécrosés de l’amour. On pourrait presque parler de plaisir coupable, tant ça fait du bien de voyager dans cet imaginaire débordant, qui parfois frise la guimauve. Si proche de voir sa mécanique enrayer, « Une Sirène à Paris » réussit à nous toucher.