Warrior

Semblable à un vrai bâton de dynamite pour sa première saison, « Warrior » remet le couvert dans une seconde levée un poil en deçà, mais toujours aussi belle visuellement et musclée dans ses confrontations. Les gueules écorchées n’en ont pas fini avec la guerre des Tongs du XIXe siècle à San Francisco. Ce vieil […]

Warrior

Semblable à un vrai bâton de dynamite pour sa première saison, « Warrior » remet le couvert dans une seconde levée un poil en deçà, mais toujours aussi belle visuellement et musclée dans ses
confrontations.

Les gueules écorchées n’en ont pas fini avec la guerre des Tongs du XIXe siècle à San Francisco. Ce vieil Ouest qu’un certain Bruce Lee avait imaginé auparavant, où les bastons et l’hémoglobine pulsent comme jamais. Sous l’impulsion de Justin Lin, coiffant la casquette de producteur, et Jonathan Tropper, en matière de créateur, la série et le spectre du maître des arts martiaux reviennent nous proposer une grosse dose d’adrénaline.

Délirante de rythme et de coups de pied en tout genre, cette seconde saison sonne le retour de l’immigrant chinois Ah Sham (Andrew Koji), rejeté par sa soeur Mai Ling (Dianne Doan). Un retour presque triomphale, en grande pompe, avec sa tronche cabossée par les rafales de phalanges. Les triades et les irlandais croisent le fer pour s’approprier Chinatown. Et qui dit contrôle d’un
quartier, dit tension et vague de violence ; la machette et les couteaux sont de la partie. Pour se démarquer, dans ce déluge de testostérone, cette guerre de coqs typiquement dans la veine d’une
série telle que « Peaky Blinders », ou un film du genre « Gangs of New York », il faut la patte de Tropper qui, malgré ses grandes ambitions, densifie une mise en scène sublimissime. Une action découpée et une cinématographie prodigieuse. Pardi, quelle déboite cette action ciselée.

Sorte d’ode à la corruption, « Warrior » s’amuse de la bassesse humaine pour en déballer une série délirante, ultra rythmée, crasseuse. Un vrai show avec une identité, une âme de combattant, explorant la brutalité dans ses tréfonds. Bien sûr, on peut y voir un divertissement premier degré, mais le récit glisse vers une marginalisation des cultures qui se révèle aussi intense que dans la première saison. La dure réalité, sans se détourner de son aspect le plus rugueux, est sensiblement extériorisée.

L’héritage de Bruce Lee est (toujours) sauf. La télé américaine – Cinemax en l’occurrence – nous permet de découvrir une violence qu’on pourrait qualifier d’artistique, surtout quand les os craquent et dopent cette dynamique « badass ». En termes de spectacle pur, « Warrior » est d’une force dévastatrice, et on pèse nos mots.