Yuli

Pedro Acosta (Santiago Alfonso) en est certain : son rejeton a un don pour la danse. Problème : son fils n’est pas du même avis, plus attiré par les chorégraphies de Michael Jackson. Persuadé et teigneux, le père fait front à son fils et l’envoie dans une prestigieuse école de ballet à La Havane. Une […]

Yuli

Pedro Acosta (Santiago Alfonso) en est certain : son rejeton a un don pour la danse. Problème : son fils n’est pas du même avis, plus attiré par les chorégraphies de Michael Jackson. Persuadé et teigneux, le père fait front à son fils et l’envoie dans une prestigieuse école de ballet à La Havane. Une carrière prolifique qui l’emmène de Lausanne à Londres, pour briller de mille feux sous les projecteurs. Carlos Acosta en a bavé. Désormais il exorcise son destin à travers un ballet colérique, gracieux, déchirant.

Biopic aux allures classiques, où les larmes du jeune Carlos Acosta (Edilson Manuel Olvera) vous tirent les vôtres. Les premières d’un torrent. Une percée déchirante, enivrante, fougueuse. Un père convaincu face à un fils déboussolé, poussé à l’extrême vers un don qu’il renie de tout son être. L’entraînement intensif, une jeunesse qui rime avec piano et héritage familial. Cuba en toile de fond, un pays qui déborde de vie et de joie en apparence, proche de l’implosion politique. Ce pays, son pays, Carlos peine à l’oublier. Le déracinement précoce l’envoie vers une remise en question alors qu’il danse à travers le monde. « Yuli » emporte tout sur son passage et traduit l’angoisse enfouie d’un danseur contraint.

Les prouesses artistiques pour masquer une douleur. Lui, esclave de son talent, lui-même descendant d’une lignée d’esclaves. « Yuli » s’engouffre dans une sarabande déchirante à travers les années. Carlos Acosta, joué plus jeune par Edilson Manuel Olvera, Kevyin Martinez adolescent, et de nos jours par Acosta lui-même, exorcise son passé tortueux grâce à un ballet donné à La Havane. Se dépenser pour exorciser. Le pas de danse confiant, l’esprit embrumé. « Yuli » se décrit avec grâce, le tout célébré par le compositeur Alberto Iglesias (« Julieta »), capturé par Iciar Bollain et scénarisé par Paul Laverty (« Moi, Daniel Blake »). « Yuli » retraverse une relation père-fils complexe, évoque la danse, la vie, la tristesse, le vide… Un hymne à la passion, à l’amour inconditionnel, où se greffe la solitude de la célébrité. « Yuli » transpire la force sous toutes ses formes !