Zerozerozero

Les sables mouvants du trafic de drogue international. Tu crois à l’amour ? L’amour ça ne dure pas. Une première déclaration résignée, alors que Gabriel Byrne est allongé à terre, une balle dans la poitrine. Une entrée en matière effrénée pour une épopée emprunte de violence et de traitrise.

Zerozerozero

ZeroZeroZero, c’est avant tout un livre, celui d’un homme dorénavant sous protection policière: Roberto Saviano. Avec l’adaptation de son pavé Extra pure, paru en février 2016, l’auteur italien rendu célèbre pour la précision de ses écrits sur les milieux mafieux, annonce une nouvelle fois la couleur. Une nouvelle, car son oeuvre principale, Gomorra, s’est déjà vue adaptée en série télévisée et également en film, réalisé par Matteo Garrone.

Une année de tournage. Une distribution internationale où nous retrouvons des noms tels que Dane DeHaan, Andrea Riseborough, Gabriel Byrne ou encore Tcheky Karyo. 8 épisodes pour découvrir les sables mouvants du trafic de drogue à grande échelle. 3 continents pour retracer une collaboration liant un cartel mexicain, la mafia Ndrangheta et un business corrompu nord-américain. Un champ miné, les balles pleuvant à foison, l’histoire se découpe en plusieurs couches, balayant les différents destins liés à cette distribution internationale de cocaïne. La grande force du récit réside dans sa densité, dans ses nombreux personnages tous aussi fascinants que corrompus, motivés par la simple odeur de l’argent.
Plusieurs points de vue, 3 regards sur les dessous d’un business. Au milieu de ces individus, tous différents, règne cette constante dispute du contrôle. Leonardo Fasoli, Stefano Sollima, Maurizio Katz, le trio de scénaristes, évoquent ce commerce de la marchandise la plus distribuée au monde avec poigne. Ainsi nous découvrons un engrenage sans fin, où le contrôle est denrée rare, presque insaisissable quand pléthore de clans trempent dans l’affaire. Le clan des Lynwood, dont le père est une pierre angulaire du réseau, demeure le plus intéressant à suivre ; principalement incarné par DeHaan, excellent, et Riseborough, excellente également. Notons également la prestation vénéneuse d’Harold Torres, dans la peau d’un sergent mexicain décidé à retirer sa part dans l’affaire. Côté Italie, le jeune Giuseppe De Domenico crève l’écran, dans la peau de Stefano, aux prises avec son grand-père une habile mise en abîme des valeurs familiales et ses traditions.

Comme cette première phrase dès l’entame du 1er épisode, ZeroZeroZero sonde la limite de nos croyances, de différentes manières, pour en former une esquisse de la cruauté. Ces femmes et ces hommes enracinés dans les rouages du fric sale, de la violence accrue. Les contours d’une opération étendue, dévoilant une série à l’architecture rondement construite, dictée par une narration à 3 étages, parfaitement tenue et dopée par la soif de l’oseille.